Actualités du NID | 9.09.2022
Le Conseil communal de la Ville de Namur vient d’acter l’achat de 10 hectares de terres agricoles à Bouge à des fins nourricières locales. Mûri de longue date, ce projet prend plus de sens encore dans le contexte actuel de spéculation autour des terres agricoles et d’insécurité alimentaire liée au Coronavirus et au conflit en Ukraine.

C’est un geste à forte portée symbolique : la Ville de Namur achète 10 hectares de terres agricoles à Bouge en vue d’accélérer la résilience alimentaire du territoire ! Un achat qui entre dans la stratégie de soutien à un modèle agroalimentaire durable témoignée par les autorités namuroises et la volonté d’augmenter la part du circuit-court durable en terres namuroises. Les parcelles acquises (trois, au total) sont situées sur le plateau de Bouge, lequel est dominé par une activité agricole conventionnelle, propice à l’érosion des sols et aux inondations par ruissellements.
La zone en aval de la zone de ruissellement étant fortement urbanisée, les types d’aménagement et le mode d’exploitation des parcelles nouvellement acquises auront un impact significatif sur les risques d’inondation lors d’événements climatiques extrêmes.


Développer et soutenir les filières de production locale

Différentes filières de production locale (fruits, légumes, éco-pâturage) pourront se développer sur ces terres et prendre ainsi part à un projet nourricier durable.

Les avantages sont multiples :

  • Accroître l’autonomie alimentaire du territoire
  • S’affranchir de la volatilité des prix des intrants (engrais, amendements…) et des carburants
  • Soutenir l’emploi local
  • Sécuriser l’accès aux terres pour les petits producteurs et petites productrices en sortant du marché spéculatif.


Le montant de l’acquisition s’élève à 705.000€, dont une partie est financée par le Plan de Relance de la Ville de Namur (280.000€), et l’autre par la Régie Foncière (425.000€), le prix a été déterminé par le CAI – Comité d’Acquisition d’Immeubles qui s’occupera également de la transaction financière.

Favoriser la biodiversité et lutter contre les inondations

En achetant ces terres, la Ville de Namur créera aussi une niche écologique en y favorisant la biodiversité : la façon d’aménager et d’exploiter la parcelle nouvellement acquise aura un impact significatif sur la résilience de la zone urbanisée située en aval lors d’événements climatiques extrêmes et limitera ainsi les inondations par ruissellement ainsi que l’érosion des sols.

Cette opération - assez unique en Wallonie de par son ampleur et eu égard aux perspectives qu’elle crée - est la « première pierre » (voire la « première terre ») d'une politique dont les fondations se trouvent dans la déclaration de politique communale et ses déclinaisons.



Quelques exemples de mesures prises dans ce cadre depuis le début de la législature :

  • Juin 2022 : lancement d’une procédure de désignation d’un gestionnaire pour l’exploitation de parcelles publiques nourricières à Temploux
  • Mai 2022 : signature du pacte de Milan sur la politique alimentaire urbaine
  • Juin 2022 : achat d’une parcelle d’agriculture urbaine de 63 ares à Salzinnes afin de préserver la vocation nourricière du site (Le Bosquet potaqer de Salzinnes)
  • Juin 2022 : subsides à la Légumerie et la Bocalerie de la Fabrique des Circuits Courts (FCC) ainsi qu’au Petit Abattoir Coopératif
  • Juin 2022 : signature de la Charte Cantines durables
  • Juillet 2021 : création du CADNamurois puis désignation de ses membres et lancement effectif
  • Novembre 2021 : prise de parts auprès de Terre-en-vue et de la Fabrique des Circuits Courts

Et bien d’autres projets s’esquissent actuellement !